Vendredi 30 octobre 2009
5
30
10
2009
19:54
Au terme d’une négociation « seniors » à rebondissements, un accord est en passe d’être signé au niveau de la branche. Il fixe les engagements en faveur de l’emploi
des seniors. Il redéfinit et améliore l’allocation de départ à la retraite.
Mercredi 28 octobre 2009. A l’issue de la dernière séance de négociation sur le thème des seniors, le texte d’un accord est désormais soumis à la signature des organisations
syndicales et des délégations patronales jusqu’au 6 novembre 2009.
Des obligations légales
Rappelons que la loi de financement de la sécurité sociale pour 2009, datée du 17 décembre 2008, a instauré l’obligation pour les entreprises d’au moins 50 salariés de négocier
un accord ou d’élaborer un plan d’action sur l’emploi des seniors. Ces accords ou plans doivent clairement préciser un objectif chiffré de maintien dans l’emploi des salariés âgés de 55 ans et
plus. Ils doivent aussi comporter des dispositions favorables au maintien dans l’emploi ou au recrutement dans au moins trois domaines des six proposés par la loi. A chacune de ces dispositions
doit être associé un objectif chiffré mesuré par un indicateur. A défaut d’accord ou de plan, les entreprises concernées devront payer une pénalité égale à 1% de la masse
salariale.
Dans le cas d’un accord conclu au niveau de la branche, les entreprises de moins de 300 salariés seront dispensées du paiement de la pénalité.
La négociation de branche
C’est dans ce contexte que la négociation s’est engagée (voir les répondeurs 32 et 33 du mois de septembre). A l’issue de la seconde réunion paritaire, tenue le 16 septembre,
les patrons de l’Union des Industries Chimiques (UIC) ont considéré que la négociation était finie et que le projet d’accord devait être signé en l’état. C’était sans compter sur la détermination
de la FCE-CFDT qui, dans un long courrier argumenté , a souligné les nombreuses insuffisances du texte et a permis la relance de la négociation !
L’allocation de départ à la retraite
La question de l’allocation de départ à la retraite (ADR) ou indemnité conventionnelle de départ à la retraite (ICDR) a également été mise à l’ordre du jour de la négociation
car la chambre patronale s’est fondée sur la loi de décembre 2006 sur le financement de la sécurité sociale qui a précisé que les accords dérogatoires sur l’âge de la mise à la retraite à
l’initiative des employeurs cessaient de produire leurs effets au 31 décembre 2009. Pour l’UIC cela signifiait le retour au Code du Travail. Pour la FCE-CFDT il s’agissait du maintien des
dispositions de la Convention Collective de la Chimie.
La partie a été rude car les patrons ont profité de cette brèche ouverte par le législateur pour mettre en débat (!), pour modifier la rédaction du texte d’origine qui les a
conduits à perdre en cassation à la suite de la démarche engagée par des retraités CFDT de Lorraine. Pour les patrons il s’agissait de faire sortir la Participation aux résultats et
l’intéressement de la définition de l’assiette de calcul du traitement (ou rémunération).
Un barème revalorisé
Aussi, pour trouver les termes d’un accord, l’équilibre entre les points de vue a été trouvé entre le retrait de la référence à la Participation-Intéressement et l’augmentation
du nombre de mois pour le calcul de l’indemnité. Ainsi, pour les départs à la retraite à l’initiative du salarié, désormais la seule formule possible (sinon il faut attendre l’âge de 70 ans) le
barème évolue ainsi : de 1 à 1,5 mois pour 5 ans d’ancienneté ; de 2 à 2,5 mois pour 10 ans ; 3 mois pour 15 ans (nouveau niveau) ; de 3 à 4 mois pour 20 ans ; 4,5 mois
pour 25 ans (nouveau niveau) ; de 4 à 5 mois pour 30 ans ; de 5 à 6 mois pour 35 ans et de 6 à 7,5 mois pour 40 ans. Soit une revalorisation de plus de 20% ! Ce qui compense la
redéfinition de l’assiette de calcul de la rémunération de référence.
Les mesures pour l’emploi des seniors
Il est à noter que le texte comporte des mesures pérennes pour favoriser l’emploi des seniors. Ainsi les possibilités, au sein des entreprises, d’aménager les conditions de
travail (temps partiel, dispense d’astreinte) ; mais aussi des mesures liées au maintien de l’état de santé (bilan de santé, vaccination) ; disposition en termes de formation et
d’utilisation du DIF et d’entretien ainsi que des mesures liées au tutorat. Sur ces points la FCE-CFDT a fait remarquer et signifier quelques réserves car ces dispositions restent dépendantes du
bon vouloir des directions locales.
Pour ce qui est des actions triennales « obligatoires » les domaines retenus par la branche concernent le « développement
des compétences et des qualifications et l’accès à la formation », « l’aménagement des fins de carrières et de la transition entre activité
et retraite » ainsi que la « transmission des savoirs et des compétences et développement du
tutorat ».
Sur ces trois points des objectifs et des indicateurs de branche ont été fixés. La FCE-CFDT a souligné le manque d’ambition des patrons en termes d’objectifs. La Commission
Paritaire Nationale de l’Emploi mesurera la réalisation des engagements. Il reste que cet accord qui a aussi pour objet d’être repris par les entreprises n’ayant pas encore conclu d’accord à leur
niveau, n’est pas utilisable tel quel.
Et la pénibilité
A noter que la négociation a aussi été l’occasion d’inscrire, non sans mal, dans le texte qu’une réflexion paritaire va s’engager dès le début 2010 sur le thème de la pénibilité
et ce, dans la perspective d’une prochaine négociation de branche.
© SCE CFDT HN (mis en ligne le 30 octobre 2009)
Derniers Commentaires