Jeudi 19 mars 2009
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A la mi-journée, les syndicats sont sur le point de transformer l'essai. Aidé par un soleil généreux
sur toute la France, ils s'attendent à rassembler davantage que le 19 janvier en cette deuxième journée de mobilisation syndicale contre la politique du gouvernement. Après des cortèges très
fournis en province (voir ci-dessous), la manifestation parisienne à l'appel de tous les syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Unsa, Solidaires) s'est élancée peu après 14 heures de
la place de la République vers la place de la Nation.
Selon l'une des dirigeants de la CGT, Maryse Dumas (sur RMC), les défilés de jeudi matin avaient déjà
rassemblé 25% de manifestants "en plus" que le 29 janvier, un chiffre n'incluant pas Marseille où s elivre une traditionelle bataille des chiffre entre police et syndicats. Les partis de
gauche sont très présents dans les cortèges. Les leaders du PS ont choisi de défiler dans leurs fiefs (Martine Aubry à Lille, Ségolène Royal à Poitiers...) et saisissent l'occasion
pour lancer une offensive. La première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry a appelé jeudi le gouvernement à adopter "un vrai plan de relance", incluant en particulier une
prime de 500 euros pour tous les plus modestes. Sur RTL, Ségolène Royal (PS) a estimé que la mobilisation était "légitime" et "utile" face à un gouvernement "à la fois
désespérant sur le plan de l'efficacité économique et incompréhensible sur le plan de la bonne gestion des affaires publiques". Plus à droite sur l'échiquier politique, Corinne Lepage
expliquait qu'elle était venue dans un "esprit de solidarité"
Plusieurs dizaines de milliers de personnes, 320.000 selon les syndicats, 30.000 selon la police, ont défilé
jeudi à Marseille contre la politique du gouvernement, une mobilisation plus importante que lors de la dernière journée d'action nationale. Le 29 janvier, la manifestation marseillaise avait
rassemblé entre 24.000, selon la police, et 300.000 personnes selon les syndicats. Comme à l'accoutumée dans la deuxième ville de France, les chiffres donnés par police et organisateurs font le
grand écart.
Le parcours du cortège, initialement prévu sur 5 km, a été allongé face à l'affluence de manifestants, ont
indiqué les syndicats. Plus de deux heures et demie après le départ de la tête du cortège, des manifestants attendaient encore de pouvoir partir. Les salariés du secteur portuaire marchaient en
tête suivis par de nombreux salariés du privé, (Eurocopter...) ainsi que d'entreprises touchées ou menacées par des plans sociaux ou du chômage partiel (ArcelorMittal, Atmel, etc)."Unité des
salariés pour ne pas payer la crise. Des mesures d'urgence pour l'emploi, les salaires, la protection sociale et les services publics", exigeait la banderole de tête.
Dans l'Est, la manifestation à Lyon a rassemblé jusqu'à 30.000 personnes selon la police, davantage selon les syndicats (25.000 à 30.000 le 29 janvier). Signe de l'affluence, une heure après le
départ de la tête du cortège, vers 10 heures 30, plus d'un millier de manifestants n'avait toujours pas quitté le point de ralliement, selon la préfecture. On dénombrait environ 400 salariés du
groupe de Rhodia, ainsi qu'une soixantaine de manifestants de Sanofi-Aventis.A quelques mètres de la banderole de tête de cortège d'une intersyndicale proclamant "la crise c'est eux, ce n'est
pas à nous de la payer" défilait Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière.
Dans le Centre, à Angoulême, entre 14.000 et 25.000 personnes ont défilé, parmi lesquelles de nombreux retraités et salariés du privé, issus notamment de Schneider Electric et Lafarge.
Fait rare, des représentants d'associations caritatives étaient présents pour dénoncer sur une banderole "Associations en grève, désengagement de l'Etat, agonie des actions".
On pouvait également lire "Retraités floués", "Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, de cette société-là on ne veut pas". A Limoges, entre 11.500 et 25.000
manifestants ont défilé, tandis que 300 salariés de la société agroalimentaire Madrange sont allés jeter des oeufs devant le domicile de leur patron. Madrange, qui emploie 1.700 personnes et dont
le siège est à Limoges, est à vendre et attend un repreneur.
Dans le Sud-Ouest, à Mont-de-Marsan, entre 5.150 et 8.000 personnes ont défilé (3.700 selon la police le 29 janvier). De nombreux retraités étaient en tête du cortège d'où se détachaient les
salariés du site Sony de Pontonx-sur-l'Adour qui avaient retenu pendant une nuit le PDG du groupe la semaine dernière pour refuser les modalités de plan social avant la fermeture de l'usine. Sur
leur banderole on pouvait lire "Sony: l'arnaque". A Clairoix (Oise), symbole de la crise, un millier de salariés de l'usine Continental, dont la fermeture est annoncée, ont défilé dès 9
heures. 213 manifestations sont prévues en France à l'appel des huit syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, Solidaires, FSU, Unsa), pour arracher de nouvelles mesures au gouvernement en faveur
des salariés. C'est un peu plus que les 195 du 29 janvier qui avaient réuni de 1,08 million (police) à 2,5 millions de personnes (syndicats).
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